Nosy Be

Cap sur Nosy Be, la plus vaste des terres insulaires entourant Madagascar. Située au Nord-Ouest du territoire, l’île aux parfums dégage la senteur de la vanille, des ylang-ylang et du café. La douceur de la canne à sucre et l’arôme des épices vous mettent l’eau à la bouche.

Pour un voyageur de passage sur cette île, le temps semble s’arrêter. Dominée par une montagne sacrée, cernée de lacs volcaniques d’un bleu profond, parfumée d’ylang-ylang et d’orchidées, Nosy Be se prête aux vacances, à la décontraction, à la douceur de vivre et au farniente. Au bord de la mer, détendez-vous à l’ombre des cocotiers. Les enfants adoreront jouer sur le sable fin et doux comme du velours. De temps en temps, l’eau de mer, chaude et limpide, vient arroser la berge et caresser leurs petits pieds. Prenez tout ce scénario en photo, vous obtiendrez un rendu mémorable digne d’une carte postale. Il n’est pas étonnant que Nosy Be soit qualifiée de meilleur site touristique à Madagascar.

Beaucoup d’étrangers s’installent à Nosy Be

On y retrouve notamment des Français, des Allemands, des Italiens et des Sud-Africains. Destination phare de l’industrie touristique malgache, l’île se dote du maximum nécessaire pour accueillir chaleureusement ses visiteurs. Les infrastructures et les équipements des lieux d’hébergement attirent le globe-trotter harassé désireux de se ressourcer avant de rentrer au pays. Certes, le luxe n’est pas comparable à celui de ces lieux de rassemblement de la jet-set comme la Côte d’Azur, mais tout y est pour un séjour paisible : la communication téléphonique aléatoire (oui, on en a parfois besoin si on ne veut pas être dérangé, il faut juste s’y préparer), les bungalows en bois qui s’intègrent parfaitement dans le décor… et le chant des oiseaux.

Nosy Be, L’île aux parfums

Sous un climat tempéré propice à un séjour heureux, le soleil est présent, les fleurs s’épanouissent aussi bien que les plantes aromatiques. Aux côtés des plantations d’ylang-ylang, de canne à sucre, de café et de poivre, les bambouseraies et les forêts de palmiers rivalisent de beauté. Les forêts primaires abritent tout un chapelet de lacs enchâssés dans d’anciens critères. Ce patrimoine naturel est cependant menacé par la déforestation. Sur le littoral, l’ensablement constitue un obstacle au développement des récifs coralliens qui bordent l’île aux parfums, sans citer les exploitations illicites qui les anéantissent progressivement au vu et au su des habitants. Leur réaction dans l’intention de protéger leurs richesses naturelles n’est-elle donc pas normale ?

Pour la paix, nous suggérons alors le tourisme responsable. Il est vrai que la découverte des ressources naturelles de Nosy Be nous donne envie d’investir et de les exploiter. Mais où est le problème si nous les faisons en accord avec la population, quitte à la faire participer dans le respect de leur mode de vie ? Il est aussi de notre devoir, nous les touristes, de veiller à l’environnement. Il ne faut pas faire ployer les fleurs sous le béton, comme on le dit souvent.

L’attrait de Nosy Be ne se restreint pas à ses 200 km de côtes vierges aux criques désertes. En tant qu’explorateur des lieux, visez plus loin, entamez une virée en bateau et vous verrez les îlots épars qui l’entourent. Nosy Komba est la patrie des lémuriens noirs et Nosy Iranja celle des tortues. Nosy Tanikely, elle, est une réserve sous-marine protégée.

La plupart des régions de Madagascar sont favorables au tourisme (du moins à certaines formes du tourisme). Tout comme Toamasina, Antsiranana et Tuléar, Nosy Be commence à subir les effets pervers de ce genre d’activité d’expédition. Un détour en arrière-pays vous permettra de vérifier que tout n’est pas bleu comme la mer ou vert comme les cocotiers. Cependant, vous aurez tort si vous prétendez que l’île aux parfums est une terre perverse, frivole et insolente.

Quelques conseils pratiques

Quelques conseils pour terminer : si vous projetez de séjourner à Nosy Be, pensez à réserver votre location de vacances. Il est vrai que ses plages ne connaissent pas ces grands rassemblements de touristes en short et en bob, mais au mois d’août, les établissements hôteliers affichent plein, surtout à Ambatoloaka. En ce qui concerne la cherté de la vie, c’est confirmé par rapport à celle de la Grande Ile. Aussi, on affiche les prix en euros. Toutefois, la vie est moins chère qu’en Ile Maurice et à La Réunion.

HISTORIQUE

Occupant une position stratégique, Nosy Be fut le théâtre d’affrontements de flottes de guerre. Des navires portugais s’y accostèrent au début du XVIe siècle. Par la suite, l’île fut devenue une base pour les pirates ainsi qu’une plaque tournante de la traite des esclaves, aussi bien qu’un important centre commercial. Au XVIIe siècle, l’Angleterre, désireuse d’exercer son influence dans la région, y dépêcha le commandant Hunt.

Plus tard, la dynastie des Sakalava de la lignée d’Andriandahifotsy et d’Andriamandisoarivo s’y implanta, disputant l’île aux rois Antakarana et résistant aux armées Merina.

Andriantsoly fut le dernier souverain à régner sur le royaume Sakalava septentrional. Défait par l’armée Hova, il s’exila aux Comores. Lui succédant, la reine Tsiomieko leva de nouvelles armées qui furent battues par l’armée Hova. La reine demanda alors pour son île le statut de protectorat français et se replia successivement à Nosy Komba, à Andoany, et enfin à Mahabo où se trouve son Doany (lieu de recueillement). En 1840, Louis-Philippe Ier, roi de France, dépêcha à Andoany le gouverneur de l’île Bourbon, l’amiral Hell. Celui-ci, accompagné du capitaine Passot, négocia avec la reine Tsiomieko. Un accord fut conclu et, le 5 mars 1841, Nosy Be devint protectorat français pour plus d’un siècle. Le 30 mars 1957, un référendum y mit un terme : l’île fut rattachée à la République malgache, une et indivisible.

Pendant la guerre russo-japonaise de 1904-1905, un navire de guerre russe se posta à Nosy Be pour piéger la flotte japonaise de l’océan Indien… On attendit l’ennemi, longtemps, si longtemps qu’à la fin de la guerre l’équipage et le bateau furent oubliés sur place ! Un monument sur l’esplanade d’Andoany et une baie dite des Russes rappellent cet épisode.

Notons que le Festival Donia anime l’île aux parfums chaque année.