Vezo

La côte Sud-Ouest de Madagascar est le territoire des Vezo qui sont les seuls Malagasy à tirer traditionnellement toutes leurs ressources de la mer. Ils habitent des villages dispersés sur le littoral, principalement entre Tuléar et Moramba.

Dès la naissance, le Vezo dédie sa vie à la mer. Sa pêche (dont la quantité ne doit jamais excéder les besoins sous peine d’offenser les dieux marins qui pourraient se venger) dépend en partie des bonnes grâces des forces surnaturelles, qu’il s’agisse de génies ou d’ancêtres.

Équilibrée par un balancier, la pirogue Vezo est simplement équipée d’une voile carrée tendue entre deux mâts. La coque, peinte de couleurs vives, est creusée dans du farafatse, un bois très léger qui rappelle le balsa. Elle mesure de 2 à 8 m de long.

Les pêcheurs Vezo connaissent maintes techniques de pêche : le filet comme la senne de mer, l’hameçon, mais aussi la plongée en apnée, pour débusquer au harpon les poissons cachés dans les crevasses. Les enfants sautent à l’eau équipé uniquement d’un masque et font signe au pêcheur dans la pirogue lorsqu’ils repèrent du poisson ; le pêcheur jette alors son filet.

Les Vezo qui vivent en symbiose avec la grande étendue connaissent bien leur milieu. Ils écoutent la mer, la sentent, savent en interpréter les couleurs et en connaissent bien les caprices, de même qu’ils savent interpréter le ciel, les nuages et le vent et les étoiles. Ils ont également une connaissance pointue de la faune marine et des zones de fréquentation des espèces. Ces savoirs se transmettent de générations en générations.

Les Vezo embarquent traditionnellement avec leur famille durant la saison sèche (près de 4 mois par an) pour suivre les bancs de poissons en remontant vers le nord.

Leur campement se limitent alors à quelques tentes réalisées à partir des voiles tendues sur des perches de bois.

Mais depuis quelques années, la vie des Vezo a changé. De nombreuses populations ont immigré sur la côte pour vivre de la pêche et se sont sédentarisées dans des villages le long du rivage.

L’exploitation des ressources du lagon est donc devenue constante tout au long de l’année, limitant leur renouvellement. En quelques années, la demande de poisson s’est considérablement accentuée et; les déséquilibres écologiques liés à la surexploitation de certaines espèces se font sentir.

Que deviendront les Vezo si les ressources marines ne leur permettent plus de nourrir leurs familles ? Certains pêcheurs pourront peut-être se reconvertir en fermiers de la mer, en capitaine de goélette ou en exploitant de saline. Organiser la pêche en protégeant les espèces les plus fragiles pourrait aussi être une solution.

Notons que la surface maritime de Madagascar est deux fois plus grande que la surface continentale.