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À Madagascar une tradition théâtrale villageoise vieille de plusieurs siècles, que l’on appelle communément le Hira Gasy (littéralement « le chant malgache »), reste toujours vivante. Théâtre chanté et dansé par des artistes-paysans, il se balade de ville en village pour dénoncer les maux de la société.

Son succès remonte au XVIIIe siècle. À cette époque, Hagamainty, le conseiller du Roi Andrianampoinimerina, avait pour mission de le divertir. Il convoqua alors les chanteurs de hira gasy pour lui faire plaisir. Composé de musique, de chants et de danses, ce spectacle populaire typique des Hautes Terres de Madagascar était également un moyen de rassembler les sujets durant les discours royaux. À cette époque, les chanteurs étaient habillés de rouge, couleur vénérée par le roi. Aujourd’hui, les femmes arborent des robes aux couleurs flamboyantes, et les hommes une longue chemise rouge.

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Le déroulement du Hira Gasy

Ramilison Besigara zanany
Ramilison Besigara zanany

Deux hommes vêtus d’un manteau de coton rouge, pantalon noir, chapeau de paille, portant un tambour sur l’épaule, courent vers la scène – pieds nus. Ils font battre leurs tambours d’un rythme rapide. Trois violonistes, pareillement vêtus, les suivent, et entament bientôt une mélodie qui pourrait être une danse bretonne ou irlandaise. Quatre danseurs les rejoignent, dans ce même costume, et entament une danse mains sur les hanches, talons pointés, par paires et synchronisés comme dans un quadrille, costumes, pieds nus, musiques et danses qui nous disent d’emblée le métissage de la Grande Île…

Puis musiciens et danseurs s’assoient par terre, l’un d’eux se lance dans un discours rapide, les autres ont la tête inclinée vers le bas, comme en prière. Plus qu’un spectacle, le Hira Gasy est aujourd’hui un patrimoine culturel, où la culture malagasy est mise à l’honneur à travers des danses et des textes. Avant de débuter le spectacle, un orateur, un vieil homme, prononce toujours un discours de bienvenue. Il demande la bénédiction des ancêtres pour prendre la parole. Car le Hira Gasy est très ritualisé, mi-populaire mi-sacré, comme toutes les musiques et danses en Afrique traditionnellement, et suit toujours un schéma immuable : introduction, prière, dénonciations sociales, le tout ponctué de chants et de danses.

Quatre femmes arrivent ensuite, vêtues de robes longues de satin rose vif et de dentelles, serrées à la taille à l’européenne mais avec un châle en travers qui évoque le sari indien, et qui, dénoué, leur servira d’accessoire de danse tout à l’heure, avec des mouvements gracieux de bras et des mains comme dans les danses d’Asie, métissages encore pour cette île où 3 continents se mêlent depuis des siècles. Les chants commencent, hommes et femmes mêlés, polyphonie qui évoque celles d’Afrique de l’Est – c’est du continent que les Européens faisaient venir les esclaves pour leurs plantations jadis…

Chaque spectacle délivre une morale et dure environ 1 heure et demi à 2 heures. Une véritable immersion dans la sagesse populaire malagasy !

Ramilison Besigara zanany
Ramilison Besigara Zanany : « Appelé aussi l’opéra des champs, le Hira gasy est aussi un moyen d’éducation populaire. »

Art populaire des Hautes Terres : opéra du peuple, par le peuple et pour le peuple

Le Roi Andrianampoinimerina lors des grands travaux collectifs, offrait des spectacles édifiants à son peuple (spectacles moralisateurs). La tradition s’est perpétuée, cet opéra du peuple, par le peuple et pour le peuple, le Hira Gasy, a toujours lieu dans les fêtes officielles. Les groupes de Mpihira Gasy sont aussi sollicités pour les fêtes familiales (Famadihana, circoncision…).