Montagne des Français

La réserve de la Montagne des Français est une zone protégée constituée principalement de forêts sèches de feuillus dans le nord de Madagascar. Elle fait partie du complexe d’aires protégées de Ramena, qui comprend également la réserve d’Orangea et la réserve marine d’Ambodivahibe.

La réserve de la Montagne des Français protège la forêt sèche caducifoliée caractéristique du nord de Madagascar. Une grande partie de la forêt se trouve sur un massif calcaire qui a été érodé en formations karstiques connues localement sous le nom d’Antsingy. La zone boisée se situe entre 100 et 450 mètres d’altitude. On pense que cette montagne reçoit plus de pluie que la région environnante (Antsiranana reçoit environ 1000 mm de précipitations par an), ce qui explique la végétation luxuriante dans une zone bioclimatique par ailleurs très sèche. Des inventaires botaniques et zoologiques préliminaires ont été réalisés, qui montrent que ces forêts sont riches en faune et en flore et comprennent un nombre remarquable d’espèces endémiques locales et régionales.

La Montagne des Français est notamment l’un des meilleurs endroits pour voir l’un des plus beaux baobabs, Adansonia suarezensis, ainsi qu’un aloès, Aloe suarezensis, tous deux limités à cette zone du nord de Madagascar. Parmi les autres plantes endémiques d’intérêt local, citons l’arbre à flammes, Delonix regia, le rare Diegodendron humbertii qui est le seul représentant de la famille des Diegodendronaceae et connu de quelques dizaines d’individus seulement, et Baudouina solleyformis, qui est utilisé localement comme protection traditionnelle contre la sorcellerie. 242 espèces de 58 familles et 158 genres ont été décrites de la Montagne des Français ; les cinq familles les plus importantes qui représentent plus de 40% des espèces sont les Rubiacées, les Fabiacées, les Malvacées, les Euphorbiacées et les Sapindacées.

Sorindeia madagascariensis
Jolie fleur de Sorindeia madagascariensis Anacardiaceae. C’est un arbre fruitier dans la Montagne des Français à Madagascar. Jusqu’à 200 fruits peuvent être portés sur une grappe en pendentif.

Les études zoologiques ont permis à ce jour d’identifier 19 espèces d’amphibiens, 52 espèces de reptiles, 56 oiseaux et 21 mammifères. Parmi l’herpétofaune, huit espèces sont endémiques à la Montagne des Français, 28 sont des endémiques régionales, 2 sont inscrites comme globalement menacées dans la liste rouge 2006 de l’UICN et 14 espèces sont inscrites à la CITES.

À l’Est de Diego-Suarez, sur la route de Ramena, la Montagne des français ou Tendrombohitr’Antsingy domine l’immense baie. Le site est une réserve protégée et son accès réglementé, un guide étant obligatoire pour s’y balader. Il s’agit donc d’un petit parcours qui vaut le détour pour la vue panoramique à 360° depuis la plateforme : Pain de Sucre, Cap d’Ambre et Mer d’Émeraude à portée de vue.

Pain de sucre vue à partir de la Montagne des Français

En outre, il y est possible de découvrir les vestiges des anciennes fortifications de la légion étrangère française de l’époque de la colonisation. On accède notamment par une galerie creusée dans le rocher sur un escalier interminable de quelques 600 marches ! On voit aussi des baobabs qui émergent de la brousse au pied des falaises. Pour aller plus loin et entrer vraiment dans la Montagne des Français et découvrir un parcours jungle à la Indiana Jones, où le chemin vers la vallée des Perroquets.

Accès au site

Depuis Diego, prendre la route de Ramena. Quelques kilomètres avant le village, à droite, au pied de la Montagne des Français, se trouve le parking et l’entrée officielle du parc.

La Montagne des Français est accessible depuis la ville d’Antsiranana (également connue sous le nom de Diego Suarez). La base d’un sentier menant au sommet peut être atteinte à environ 12 km par la route depuis Antsiranana ; un guide est recommandé. Le sentier menant au sommet prend environ 2 heures et plusieurs points de vue le long du chemin et au sommet offrent des vues sur la baie de Diego. Les vestiges de plusieurs fortifications datant de la période coloniale française sont encore visibles. Ces fortifications et toute la zone autour de Diego ont été le théâtre de violents combats pendant la Seconde Guerre mondiale entre les occupants français de Vichy et les forces britanniques.

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